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Océans

Puffin à bec grêle et Mouette tridactyle (photo: Yuri Artukhin)
La région des Océans comprend les océans Pacifique, Atlantique et Arctique ainsi que la baie d'Hudson et la baie James. Bordé par trois océans, possédant le plus long littoral du monde (244 000 km) et parsemé de plus de 52 000 îles, le Canada abrite environ 15 millions d’oiseaux de mer nicheurs. Les espèces les plus abondantes sont l’Océanite cul-blanc, le Guillemot de Brünnich et le Starique de Cassin. De plus, des millions d’oiseaux migrateurs, principalement des puffins, qui se reproduisent dans l’hémisphère sud, visitent le Canada durant notre été. En hiver, de nombreux oiseaux de l’Atlantique Est migrent vers les eaux canadiennes, ce qui transforme cette région en aire d’hivernage principale des oiseaux de mer dans l’Atlantique Nord.

Survol

  • Dans les océans Arctique et Atlantique, les populations d’oiseaux de mer nicheurs ont généralement augmenté depuis 1970. Certaines de ces augmentations reflètent le rétablissement à long terme de ces populations suite à leur chasse excessive par le passé.
  • À l’inverse, dans l’océan Pacifique, il s’est produit un léger déclin depuis 1980. Les prédateurs introduits dans les îles de nidification et d’autres menaces pesant sur les sites de reproduction ont eu des effets néfastes sur certaines espèces.
  • Les oiseaux de mer sont particulièrement vulnérables aux déversements de pétrole, à la mortalité résultant de leur capture dans des filets de pêche ou par des hameçons et aux prédateurs attaquant leurs colonies de nidification. De plus, les changements complexes qui se produisent dans les écosystèmes océaniques, imputables aux changements climatiques et à la pêche commerciale à grande échelle à l'intérieur comme à l'extérieur des eaux canadiennes, modifient les ressources alimentaires à leur disposition.

Tendances

Les effectifs des colonies d’oiseaux de mer nicheurs dans les océans Atlantique et Arctique ont augmenté en général, ce qui reflète en partie leur rétablissement à long terme suite à la chasse excessive dont ils ont fait l’objet par le passé. Avant la signature de la Convention concernant les oiseaux migrateurs en 1916, la récolte d’oiseaux de mer et de leurs œufs à des fins alimentaires était répandue, ce qui a mené à la décimation de nombreuses populations et à la disparition du Grand Pingouin—un oiseau coureur de grande taille apparenté aux guillemots et aux puffins. Les oiseaux de mer vivent longtemps et se reproduisent lentement; leurs populations, lorsque réduites, prennent donc beaucoup de temps à se reconstituer.

Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population d'oiseaux marins dans les régions atlantique, pacifique et artique depuis 1970 ou 1980 Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque région
Indicateurs de la situation moyenne des populations d’oiseaux de mer (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

Dans la région atlantique du Canada, le rétablissement à long terme de nombreuses populations d’oiseaux de mer a plafonné au début des années 1990, lorsque des changements dans les réseaux alimentaires, aussi liés à l’effondrement des populations de morue franche à Terre-Neuve, ont réduit la quantité de poissons proies à leur disponibilité.

Dans le Haut-Arctique, les changements climatiques peuvent avoir des avantages à court terme pour les oiseaux de mer en réduisant le nombre d’années avec une couverture de glace de mer dense au point de limiter leur alimentation. À l’inverse, dans le Bas-Arctique, la débâcle précoce des glaces a nui au succès de nidification de quelques espèces, notamment le Guillemot de Brünnich. Les conséquences à long terme des changements dans les réseaux alimentaires sont mal documentées.

Photo aérienne d'une colonie de Fous de Bassan
La plus grande colonie de Fous de Bassan au
monde se trouve dans l’île Bonaventure, située
dans le golfe du Saint-Laurent, au Québec.
Depuis 1976, le nombre de couples y a
augmenté, pour passer de 16 000 à presque
60 000, en partie suite à la réduction de
l’exposition réduite à des pesticides, comme
le DDT. (photo:Richard Cotter)
Dans l’océan Pacifique, la surveillance des colonies d’oiseaux de mer a débuté dans les années 1980. Un léger déclin dans les effectifs des espèces les plus abondantes, notamment le Starique de Cassin et le Guillemot à cou blanc, a été détecté. Les déclins résultent principalement de l’introduction de prédateurs—des rats et des ratons laveurs—qui ont éliminé quelques colonies de nidification locales dans les îles du large.

Aucune donnée de surveillance fiable n’est disponible pour les millions d’oiseaux de mer qui visitent les eaux canadiennes durant la période internuptiale. Cependant, des données de surveillance recueillies ailleurs indiquent que quelques-unes de ces espèces sont menacées de disparition à l’échelle mondiale, notamment l’Albatros à queue courte et l’Albatross à pieds noirs.

Menaces

Photo d'un avion survolant un navire en mer
Les aéronefs sont utilisés pour identifier les
pollueurs après que les marées noires sont
détectées par la surveillance par satellite.
(photo: Government of Canada)
La présence d’hydrocarbures en mer, provenant tant de rejets illégaux que de déversements majeurs, pose une menace croissante pour les oiseaux de mer du Canada. Les opérations gazières et pétrolières sont concentrées sur les plateaux continentaux à proximité des côtes du pays, qui constituent aussi les principales aires d’alimentation pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de poissons. Lorsqu’ils se reproduisent, les oiseaux de mer se regroupent en immenses colonies—comptant parfois plus d’un million d’individus—et ces vastes communautés sont extrêmement vulnérables aux marées noires.

Les prédateurs introduits dans les colonies de nidification tuent les oiseaux adultes, leurs œufs et leurs oisillons. Quelques colonies qui accueillaient autrefois plusieurs milliers d’oiseaux ont été abandonnées. Ce fléau a particulièrement touché les espèces de la côte du Pacifique, notamment le Guillemot à cou blanc, une espèce dont la moitié de la population mondiale se trouve au Canada.

Photo d'une colonie de Guillemots de Brünnich
Dans de nombreuses colonies, le Guillemot de Brünnich doit
parcourir de plus grandes distances à partir de son nid
pour trouver les poissons dont il se nourrit, en raison du
réchauffement de l’océan et de la réduction de la couverture
des glaces de mer. (photo: Tim Lash)
Les changements climatiques ont un effet marqué sur les écosystèmes marins. Pour certaines espèces de l’Arctique, les changements dans la couche de glace menacent leur survie, notamment la Mouette blanche, une espèce en voie de disparition, qui dépend des glaces de mer pour se nourrir. Les populations de plancton dans le Pacifique atteignent un pic plut tôt dans la saison à cause de l’accroissement de la température de l’eau. Les oiseaux de mer planctivores, incapables d’ajuster leur période de reproduction en réaction à ce phénomène, ont de la difficulté à trouver suffisamment de nourriture pour se reproduire avec succès.

La pêche à la palangre tue les oiseaux de mer—principalement des albatross, des goélands, des fulmars et des puffins—qui tentent de voler les appâts des hameçons ou qui s’enchevêtrent dans les lignes. En outre, les oiseaux de mer plongeurs se noyent lorsqu’ils se prennent dans les filets de pêche. Ainsi, les filets maillants utilisés pour la pêche au saumon sont une source constante de mortalité dans le cas du Guillemot marmette et du Macareux rhinocéros.

Solutions

Les rejets illégaux d’hydrocarbures peuvent être réduits au minimum par le biais de la surveillance régulière, y compris la surveillance par satellite et aéronefs, exercée par le gouvernement fédéral.

Photo d'un Macareux moine transportant un poisson
Macareux moine (photo: Paul Regular)
Des techniques d’éradication des prédateurs introduits dans des îles sont bien établies, et des progrès ont été réalisés au chapitre de la protection de plusieurs colonies d’oiseaux de mer sur la côte du Pacifique.

Le niveau de mortalité accidentelle d’oiseaux de mer imputable aux pêches peut être réduit en fixant des câbles à banderoles sur les lignes appâtées pour effaroucher les oiseaux, en voyant à ce que les lignes et les filets calent rapidement et en limitant les activités de pêche près de grandes agrégations d’oiseaux de mer.

L’établissement d’aires marines protégées, l’amélioration de la gestion des pêches et la réduction des émissions de carbone bénéficieront aux oiseaux de mer en maintenant les réseaux alimentaires en bon état.

Photo d'un Phalarope à bec étroit
Phalarope à bec étroit (photo: Charles Francis)

Les océans, un important habitat d’hivernage

De nombreux oiseaux vont passer l’hiver dans des milieux marins, comme les plongeons huards, les canards de mer, les oiseaux aquatiques qui nidifient près des plans d’eau intérieurs, et les oiseaux de rivage qui nidifient à terre. Les oiseaux de rivage se rassemblent principalement dans les zones intertidales, alors que les Plongeons huards, les canards de mer, et les phalaropes, et certains oiseaux aquatiques, hivernent en pleine mer. Ces espèces sont sensibles à certains des mêmes dangers que les oiseaux de mer, incluant le mazoutage et les changements dans la couverture des glaces de mer et la disponibilité de nourriture. Elles sont également vulnérable à la perte d’habitat côtier, tant au Canada qu’à l’étranger.