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Arctique

Bécasseau de Baird (photo: Kyle Elliot)
La région des Plaines et montagnes de l'Arctique comprend le nord du Canada en incluant les îles de l'arctique, la partie continentale de Nunavut et la partie septentrionale des Territoires du Nord-Ouest. Une petite section s'étend aussi à travers le nord du Québec et du Labrador. L’Arctique est un paysage constitué de toundra, de pergélisol, d’étangs, de lacs et de milieux humides, de déserts rocheux, de fjords profonds et de falaises escarpées. Cette région constitue plus de 25% de la masse terrestre du Canada et sert d’aire de nidification pour des millions d’oiseaux, y compris de nombreuses espèces d’oiseaux de rivage et d’oies et quelques espèces d’oiseaux terrestres du continent. L’Arctique abrite aussi de grandes colonies de plusieurs espèces d’oiseaux de mer; leurs tendances sont décrites dans la section Océans du présent rapport.

Survol

  • L’indicateur général pour l’ensemble des espèces caractéristiques de l’Arctique a peu changé parce qu’il englobe des augmentations spectaculaires des populations de sauvagine, principalement des oies, et de fortes chutes dans les populations d’oiseaux de rivage. La variabilité annuelle dans les indicateurs reflète non seulement des fluctuations annuelles réelles dans les populations d’oiseaux dans ce milieu hautement variable, et aussi l’incertitude que posent les défis de la surveillance des espèces de l’Arctique.
  • Les oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique connaissent une chute brusque. La perte et la dégradation de leur habitat le long des voies de migration et dans les aires d’hivernage constituent les plus graves menaces pesant sur ces espèces, mais il se peut que les changements climatiques réduisent leur succès de nidification.
  • Plusieurs populations d’oies ont considérablement augmenté, en grande partie à cause de la disponibilité d’abondantes sources de nourriture en hiver provenant de l’agriculture. Le broutage excessif exercé par ces populations cause maintenant de graves dommages aux milieux humides et à la toundra dans l’Arctique.
  • Les changements climatiques perturbent déjà les écosystèmes de l’Arctique. Ils devraient se produire à des taux supérieurs à la capacité de certaines espèces de l’Arctique de s’y adapter.

Tendances

La situation des populations de nombreux oiseaux de l’Arctique est mal documentée parce que l’éloignement et la vaste étendue de la région, ainsi que les conditions météorologiques difficiles qui y règnent, font qu’il est difficile d’y mener une surveillance des oiseaux. Pour de nombreuses espèces, l’information dépend des dénombrements réalisés durant leur migration ou dans leurs aires d’hivernage, mais ces dénombrements peuvent être imprécis et influencés par des variations dans leur répartition en hiver ou leur comportement migratoire.

Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population de différentes guildes d'oiseaux dans l'Arctique depuis 1974 Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque guilde
Indicateurs de la situation moyenne des populations des espèces caractéristiques (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

Parmi les espèces pour lesquelles des données sont disponibles, l’indicateur général semble avoir peu changé, mais cela reflète une combinaison de fortes augmentations chez quelques groupes et de fortes chutes chez d’autres.

La plupart des populations d’oies et de cygnes ont augmenté considérablement, en partie en raison des sources supplémentaires de nourriture dans les zones agricoles situées sur leurs voies de migration et dans leurs aires d’hivernage.

Photo d'un Harfang des neiges chassant un lemming
Les populations du Harfang des neiges ont connu
une diminution de plus 50%, probablement attribuable
aux changements dans les populations de lemmings
associés aux changements climatiques. (photo: Canards
Illimités Canada)
À l’inverse, de nombreuses espèces d’oiseaux de rivage ont connu des déclins spectaculaires, fort probablement causés par la perte ou la dégradation de haltes migratoires et d’aires d’hivernage. Quelques espèces de canards de mer sont aussi en diminution, tout comme plusieurs espèces d’oiseaux terrestres, bien que les raisons de ces déclins soient mal documentées.

Menaces

Photo d'un grand nombre d'Oie des neiges en vol
Un excès peut-il aussi être un défaut? Les
populations de l’Oie des neiges ont connu une
augmentation de plus de 300%, et leurs activités
de recherche intensive de nourriture entraînent
une dégradation des marais salés côtiers. (photo:
May Haga)
Le climat change plus vite dans l’Arctique que presque partout ailleurs dans le monde. Les changements climatiques rapides pourraient nuire au succès de nidification et à la survie des oiseaux de l’Arctique de plusieurs manières, y compris les changements dans la disponibilité de sources abondantes d’insectes à haute teneur en protéines, des changements dans l’habitat, une hausse dans le nombre de prédateurs et des événements météorologiques violents de plus en plus fréquents.

L’accroissement des activités de prospection et d’extraction de ressources naturelles—comme l’expansion des activités minières et énergétiques et leurs infrastructures connexes—perturbent les oiseaux nicheurs, détruisent les habitats fragiles et multiplient les risques de déversements ou de contamination de l’environnement attribuable à d’autres sources.

De nombreux oiseaux nicheurs de l’Arctique migrent sur de longues distances et sont particulièrement vulnérables aux menaces pesant sur eux au-delà de nos frontières. Les menaces comprennent les conditions météorologiques extrêmes, la chasse, les pesticides, les changements dans la disponibilité de nourriture et la perte d’habitat aux haltes migratoires et dans les aires d’hivernage.

Solutions

Photo d'un camion de transport sur une route dans l'Arctique
Le développement dans l’Arctique doit être
géré de près afin d’éviter les dommages à
l’écosystème. (photo:Government of NWT)
L’identification et la protection des zones les plus importantes pour la survie des oiseaux et les plus résistantes aux changements climatiques aideront à réduire au minimum les incidences néfastes de l’activité humaine sur les populations d’oiseaux.

Le maintien d’évaluations environnementales rigoureuses des projets de développement dans l’Arctique et l’application de mesures d’atténuation appropriées permettront de réduire les risques pour les oiseaux.

La protection des haltes migratoires clés et des sources de nourriture le long des voies de migration, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Canada, et la réglementation de la chasse dans les aires d’hivernage dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, sont nécessaires à l’amélioration de la survie des oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique.

Photo d'un Bécasseau maubèche
Lors de sa migration printanière, le Bécasseau
maubèche, une espèce en voie de disparition,
traverse la baie du Delaware, où il se nourrit
d’œufs de limule pour faire le plein d’énergie.
La surpêche des limules a joué un grand rôle
dans le déclin de cet oiseau.(photo:May Haga)

Défis pesant sur les oiseaux de rivage qui migrent sur de longues distances

Dans l’Arctique, les populations d’oiseaux de rivage ont chuté de 60% dans l’ensemble et 10 espèces connaissent une grave diminution de leur nombre. Des tendances semblables sont évidentes chez les oiseaux de rivage qui nichent ailleurs au Canada.

Migrant d’un bout du monde à l’autre, les oiseaux de rivage dépendent d’un réseau complexe de parcelles d’habitats humides et bien drainés, et sont vulnérables à la perte d’habitat à toutes les étapes de leur voyage.

Photo d'un Courli corlieu marchant dans la toundra
Le Courlis corlieu, qui se reproduit dans
l’Arctique, est menacé par la chasse dans
Caraïbes. (photo: May Haga)

De nombreuses espèces se regroupent en grand nombre à des lieux d’alimentation et de repos clés le long de leurs voies de migration, tant au Canada qu’à l’étranger. La perte ou la dégradation d’un de ces lieux peut mener à de fortes chutes de leur nombre. La perte d’habitat et d’autres menaces pesant sur les aires d’hivernage, comme le développement qui réduit et dégrade les parcelles d’habitat côtier dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, et l’expansion et l’intensification de l’agriculture qui perturbent l’habitat des prairies ouvertes, nuisent aussi aux oiseaux de rivage.

Photo d'un hélicoptère déposant des chercheurs dans la toundra arctique
La surveillance des oiseaux de rivage dans la
taïga et la toundra fournit des renseignements
précieux sur la répartition et les tendances
de ces espèces, mais elle est coûteuse et
difficile d’un point de vue logistique, car
elle requiert l’utilisation d’hélicoptères pour
se rendre dans les zones d’échantillonnage.
(photo: Charles Francis)

La surveillance des populations d’oiseaux de rivage présente des défis particuliers. La majorité des données de surveillance actuelles ont été recueillies à des haltes migratoires, mais elles peuvent être biaisées par des changements de comportement. Une initiative majeure internationale, le programme régional et international de surveillance des oiseaux de rivage (PRISM, pour Program for Regional and International Shorebird Monitoring), qui vise à améliorer la compréhension des tendances des populations et des causes des déclins de ces oiseaux, est maintenant commencée. Le PRISM comprend des relevés dans l’Arctique, sur les voies de migration et dans les aires d’hivernage du Sud.