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Côte ouest et montagnes

Bécasseau variable (photo: Peter Candido)
La région Côte Ouest et montagnes comprend les deux-tiers du sud de la Colombie-Britannique, incluant la côte, et la partie sud-ouest de l'Alberta. La région de la côte ouest et des montagnes est écologiquement diversifiée, ses habitats allant de la forêt pluviale tempérée, de la savane de chênes le long de la côte, aux forêts de massifs forestiers, à la toundra alpine et aux prairies dans la partie intérieur de la région. Dans une région dominée par de hautes montagnes, le creux des vallées devient un espace vital tant pour les oiseaux que pour les humains. Cet éventail d’écosystèmes est associé à une gamme également vaste de pressions, autant qu’à l’extraction des ressources naturelles qu’à l’aménagement urbain et l’aménagement du littoral.

Survol

  • Les espèces caractéristiques de cette région ont diminué, en particulier dans les zones de la côte du Pacifique où la foresterie, l’agriculture et l’aménagement côtier et urbain en pleine expansion ont réduit les habitats qui conviennent à de nombreuses espèces d’oiseaux.
  • Les populations de nombreux oiseaux forestiers ont diminué, en particulier dans le cas des espèces associées aux forêts matures. Les activités forestières et la prolifération continue du dendroctone du pin ponderosa devraient réduire la forêt de pins matures de plus de 70% d’ici 2015. La perte de ces arbres modifie la structure et l’utilisation de l’habitat de nombreuses espèces en déclin, en particulier les oiseaux qui dépendent des récoltes de cônes.
  • La perte ou la dégradation d’habitats de prairie et de milieux riverains (près de l’eau) dans toute la région sont associées aux déclins des populations d’oiseaux vivant dans les arbustes et les prairies.

Tendances

Globalement, les espèces caractéristiques dans la région de la côte ouest et des montagnes ont diminué de 10%. Dans la portion de la côte du Pacifique, où l’établissement humain, l’industrie et l’exploitation forestière sont les plus intenses, les espèces caractéristiques ont diminué de 35% — une diminution extrême pour un groupe d’espèces de cette importance. Même si ce déclin est préoccupant, la plupart des données de surveillance proviennent des vallées où l’activité humaine est concentrée; les populations loin des zones habitées peuvent présenter des tendances différentes.

Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population de différentes guildes d'oiseaux dans la région Côte ouest et montagnes depuis 1973 Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque guilde
Indicateurs de la situation moyenne des populations des espèces caractéristiques (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

La population des oiseaux forestiers a diminué d’environ 10%. Les espèces associées aux forêts matures, notamment le Tarin des pins, le Bec-croisé des sapins, le Roselin de Cassin, le Roselin pourpré et le Durbec des sapins ont enregistré les plus fortes baisses. Ces espèces sont vulnérables à la perte de la forêt mature en raison de l’exploitation forestière et, plus récemment, à l’éclosion du dendroctone du pin ponderosa.

Photo de deux couples de Garrots d'Islande sur l'eau
La plupart des Garrots d’Islande vivant au Canada
se reproduisent dans cette région; leurs populations
ont fluctué sans présenter une solide tendance.
(photo: Ralph Hocken)
Les habitats de prairie et autres habitats ouverts, comme l’écosystème du chêne de Garry, subissent les pressions de l’aménagement provenant de l’agriculture et de l’établissement humain. Les oiseaux vivant dans les prairies, notamment la Sturnelle de l’Ouest et le Bruant vespéral, sont à la baisse en raison de la perte et de la dégradation de leur habitat.

Les insectivores aériens ont diminué dans la région, quoique dans une moindre mesure par rapport à l’est du Canada.

Globalement, les populations de sauvagine ont augmenté dans la région. La Bernache du Canada, le Harle couronné, et le Fuligule à collier ont vu leurs populations plus que doubler. D’autres oiseaux aquatiques semblent avoir enregistré une légère augmentation, mais la tendance est incertaine et le groupe comprend des espèces qui connaissent à la fois une forte croissance, comme le Pygargue à tête blanche, et une forte diminution, comme le Grand Héron.

Menaces

Photo aérienne montrant l'impact d'une infestation du  dendroctone du pinOn s’attend à ce que l’épidémie du dendroctone du pin ponderosa tue plus de 70% des pinèdes dans la partie intérieure de la région. L’éclosion a été exacerbée par les anciennes modalités d’aménagements forestiers et la suppression des incendies qui ont créé de vastes pinèdes à faible diversité qui étaient très vulnérables aux attaques des dendroctones. En raison des changements climatiques, les hivers plus doux permettent une survie hivernale inhabituellement élevée du dendroctone, accélérant la croissance et la propagation de l’investation. (photo: Province of British Columbia)
La foresterie continue de réduire la superficie des forêts matures. Les forêts anciennes de la zone côtière prennent des centaines d’années à se rétablir après l’exploitation forestière et continuent d’être exploitées beaucoup plus rapidement qu’elles ne peuvent être remplacées. Une partie de l’habitat forestier restant est fragmentée en petits îlots isolés et dégradés par la gestion visant des forêts normalisée (d’un même âge avec quelques essences d’arbres).

Photo d'un Bec-croisé des sapins avec un cône
Le Bec-croisé des sapins, qui se nourrit
principalement de cônes, a vu sa population
diminuer, résultat de la perte de pins
matures. (photo: Elaine R. Wilson)
L’urbanisation et l’agriculture industrielle réduisent les habitats riverains et des prairies dans les vallées, et les plantes envahissantes, la forte utilisation récréative et les pâturages intensifs pour bestiaux dégradent ce qu’il reste.

Les sécheresses prévues en raison des changements climatiques dans la partie intérieure de la région réduiront gravement l’habitat pour la reproduction de la sauvagine et autres oiseaux aquatiques et modifieront l’habitat des oiseaux forestiers à cause des changements affectant la nappe phréatique.

Solutions

Photo de deux Lagopèdes à queue blanche
Le Lagopède à queue blanche est l’une des quelques
espèces qui nichent dans les zones rocheuses
au-dessus de la limite des arbres. Les changements
climatiques peuvent toucher leur habitat, mais
on sait peu de choses sur les tendances relatives
à leur population. (photo: Richard J. Cannings)
La préservation des forêts anciennes restantes, en particulier dans les bassins hydrologiques intacts, sera bénéfique pour les oiseaux et autres animaux sauvages qui dépendent de cet écosystème.

L’aménagement forestier peut soutenir des populations d’oiseaux en santé en favorisant la diversité structurale comme de grands chicots, des arbustes de sous-étage et la végétation de succession. Les oiseaux forestiers tirent également parti de l’aménagement qui favorise la diversité d’âge et d’essence des arbres, notamment conserver des parcelles forestières à l’intérieur de coupes à blanc, laisser des arbres autres que des pins lors des coupes de récupération d’arbres tués par le dendroctone, et replanter des essences d’arbres indigènes.

Photo d'un Petit-duc nain
Le Petit-duc nain dépend de la conservation
des forêts conifériennes subalpines. (photo:
Richard J. Cannings)
La conservation et la restauration de parcelles d’habitats riverains et des prairies dans le paysage fonctionnel — milieux agricoles et urbains – favoriseront la conservation des oiseaux et le bien-être des personnes qui habitent ces milieux. Il est essentiel d’empêcher une fragmentation et une dégradation supplémentaires des habitats des prairies restants afin de maintenir les populations d’oiseaux de prairie dans la partie intérieure de la région.

Photo d'un mâle chanteur de Paruline polyglotte
Paruline polyglotte (photo: Rene McKibbin)

L’élargissement de zones riveraines par la pose de clôtures pour exclure les bestiaux est à l’avantage d’espèces comme la Paruline polyglotte. Le retrait des bovins de son habitat riverain dans la vallée de l’Okanagan a permis aux fourrées de rosiers sauvages de se régénérer, procurant ainsi un habitat de nidification et permettant à la population d’augmenter, puisqu’elle est passée de 4 à 45 couples reproducteurs.