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Prairies

Canard souchet et Sarcelle à ailes bleues (photo: Bob Clark)
La région des Prairies occupe une superficie à peu près semi-circulaire basée sur la frontière canada-américaine. Le cercle s'étend de l'extrémité ouest de l'Alberta à l'extrémité est du Manitoba. Les Prairies comprennent un mélange de terres cultivées et de pâturages; elles sont parsemées de millions de petits milieux humides temporaires et bordées de forêts ouvertes de peupliers au nord. Elles constituent l’un des paysages les plus intensément utilisés et altérés au Canada—plus de 70 % des prairies naturelles et des milieux humides ont disparu par suite de leur conversion à des fins d’agriculture ou d’autres activités.

Survol

  • Les Prairies sont la terre d’accueil de nombreuses espèces d’oiseaux de prairie qui ne se trouvent nulle part ailleurs au Canada et hébergent des millions de canards nicheurs et d’autres oiseaux aquatiques dans de nombreux petits étangs et milieux humides.
  • Les populations d’oiseaux de prairie déclinent rapidement. Les prairies naturelles et les pâturages continuent de disparaître ou d’être dégradés en raison de l’intensification de l’agriculture comme la conversion de terres aux fins de la culture de céréales, d’oléagineux ou de plantes à fibre qui fournissent un habitat médiocre pour la plupart des oiseaux. L’exploitation pétrolière et gazière, la fragmentation de l’habitat imputable à la construction de routes et la suppression des feux résultent aussi en une perte d’habitat. Le rétablissement des oiseaux de prairie nécessite la conservation et la restauration des prairies naturelles restantes et l’adoption de pratiques agricoles plus soucieuses des oiseaux.
  • Les populations de sauvagine et d’autres oiseaux aquatiques fluctuent en fonction des niveaux d’eau annuels. La protection de l’habitat par l’intermédiaire du Plan nord américain de gestion de la sauvagine et la gestion prudente de la chasse ont aidé à maintenir ses populations. Cependant, les milieux humides continuent d’être drainés à des fins agricoles et, selon les prévisions des modèles climatiques, la région des Prairies connaîtra des périodes de sécheresse, ce qui pourrait mener à des déclins des populations d’oiseaux.

Tendances

Les oiseaux de prairie sont en danger. Depuis 1970, leurs populations dans les Prairies canadiennes ont chuté de presque 40 % en moyenne. Ces populations ont probablement connu des diminutions beaucoup plus marquées par le passé, car de grandes superficies d’habitat de prairie naturelle avaient déjà disparu quand le programme de surveillance des oiseaux a débuté en 1970.

Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population de différentes guildes d'oiseaux dans les Prairies depuis 1970 Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque guilde
Indicateurs de la situation moyenne des populations des espèces caractéristiques (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

Photo d'un Tétras des armoises en parade nuptiale
Le Tétras des armoises, une espèce en voie
de disparition hautement sensible aux
perturbations,occupe des parcelles d’habitat
de plus en plus exposées à l’exploitation
gazière et pétrolière. La préservation
et la restauration de son habitat des prairies
et d’armoises arbustives bénéficieront de
nombreuses autres espèces de prairie.
(photo:May Haga)
Les oiseaux de prairie restants sont concentrés dans les pâturages bien gèrés et les petites parcelles restantes de prairie naturelle. Seules les parcelles les plus grandes sont capables de soutenir des populations viables d’espèces sensibles à la superficie de l’habitat, comme le Pipit de Sprague, le Bruant de Baird et le Bruant à ventre noir.

Les oiseaux associés à la forêt ont vu leurs populations croître lorsque la suppression des feux et l’expansion urbaine ont entraîné une augmentation de la superficie de couverture végétale ligneuse. Ces mêmes changements ont toutefois aggravé le déclin de nombreuses populations d’oiseaux de prairie suite au retrait et à la dégradation de la prairie naturelle et des savanes.

Photo de deux jeunes Canards colverts se nourrissant de lentilles d'eau
Les milieux humides de la région des fondrières
des Prairies—dont deux tiers sont situés au
Canada—constituent l’aire d’élevage de la
sauvagine en Amérique du Nord. Environ la moitié
des canards du continent en proviennent. (photo:
May Haga)
Les Prairies soutiennent la densité la plus élevée de sauvagine nicheuse au Canada et servent de haltes migratoires critiques pour la sauvagine et les oiseaux de rivage migrateurs. Les populations de canards dans cette région fluctuent beaucoup d’une année à l’autre en réponse aux changements dans les précipitations. Durant les sécheresses qui ont sévi dans les années 1980 et à nouveau en 2001 et 2002, les populations de sauvagine ont diminué de presque 40%, mais se sont ensuite reconstituées.

Les populations de sauvagine et de quelques autres espèces d’oiseaux aquatiques qui dépendent de grands plans d’eau ont augmenté—la population de l’Érismature rousse a augmenté de plus de 50% et la population du Canard chipeau, de plus de 70%. Des partenariats de collaboration, comme le Plan conjoint Habitat des Prairies, ont aidé à préserver une partie de l’habitat des milieux humides dont ces oiseaux ont besoin pour nidifier et survivre.

Les espèces qui dépendent surtout des fondrières des Prairies—de petits milieux humides temporaires alimentés par la fonte de la neige et la pluie—ont généralement été désavantagées. Cet habitat est plus vulnérable aux sécheresses et au drainage aux fins d’agriculture. Parmi ces espèces, les populations du Canard pilet et du Grèbe esclavon ont chuté de plus de 70%.

Menaces

Photo d'un Plectrophane de McCown
Le Bruant de McCown a connu un déclin de 90%.
L’espèce est maintenant considérée en péril,
tout comme plus de la moitié des espèces
d’oiseaux de prairie du Canada. (photo: Alan
MacKeigan)
Les pratiques agricoles intensives, comme le drainage de milieux humides, la conversion de pâturages en terres cultivées et le surpâturage, entraînent la perte et la dégradation de parcelle d’habitat des prairies et des milieux humides.

Les polluants, y compris les pesticides et les métaux lourds, nuisent à la santé, à la reproduction et à la survie des oiseaux.

Les ouvrages linéaires (p. ex. routes, lignes de transport d’énergie, pipelines, lignes sismiques) fragmentent le paysage et introduisent du bruit, des prédateurs et des plantes envahissantes qui nuisent aux populations d’oiseaux.

L’utilisation accrue de l’eau par les villes, les agriculteurs et l’industrie réduit la quantité d’eau qui reste dans les milieux humides et dont ont besoin la sauvagine, les oiseaux de rivage et d’autres oiseaux aquatiques.

La suppression du cycle naturel des feux, en particulier près des villes et des villages, a mené à l’expansion de l’habitat d’arbustaie et de forêt aux dépens des prairies.

Les changements climatiques constituent une menace émergente. L’accroissement prévu de la fréquence des sécheresses dans les Prairies aura de graves conséquences pour les oiseaux et les humains.

Solutions

Photo d'une Sturnelle de l'Ouest
La Sturnelle de l’Ouest compte parmi les
nombreuses espèces d’oiseaux de prairie
avantagées par des pratiques agricoles
soucieuses des oiseaux. (photo: May Haga)
La préservation des milieux humides et des prairies naturelles et la restauration de prairies naturelles continuent d’être l’activité de conservation la plus importante dans les Prairies canadiennes.

L’adoption de pratiques agricoles soucieuses des oiseaux est particulièrement importante au cœur de la région agricole du Canada. De nombreux oiseaux de prairie tirent profit d’un régime approprié de broutement par le bétail pour maintenir leur habitat préféré. Les cultures couvre-sol, comme les pâturages et les champs de foin, qui préviennent l’érosion du sol et offrent un couvert de nidification pour quelques espèces d’oiseaux de prairie, la pratique aratoire antiérosive, la réduction de l’utilisation de pesticides, et la préservation des milieux humides sont d’autres pratiques soucieuses des oiseaux.

Photo d'une prairie à herbes courtes à la Réserve nationale de faune de Suffield
La réserve nationale de faune de la BFC
Suffield protège l’une des plus vastes prairies
à graminées courtes qui restent au Canada.
(photo: Garry C. Trottier)
L’adoption de pratiques bénéfiques dans les activités industrielles, comme l’atténuation du bruit ou des restrictions temporelles, peut permettre de réduire le niveau de perturbation des oiseaux de prairie présents dans les environs.

Des instruments de collaboration, comme des accords d’intendance, l’urbanisme orienté sur la communauté et des programmes de conservation impliquant les propriétaires fonciers, permettent de protéger les prairies et les milieux humides en santé.

Photo d'une Avocette d'Amérique
L’Avocette d’Amérique tire profit de la
conservation de milieux humides entreprise
dans le cadre du Plan nord-américain de
gestion de la sauvagine.(photo:Nick Saunders)

Les choix des Canadiens quant à leur mode de vie peuvent aider les oiseaux de prairie. Vous encouragez la conservation des pâturages en comprenant la viande de bovin élevé en pâturage dans votre régime alimentaire.