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Région boréale de l'Ouest

Machtans Taiga Lake (photo: Craig Machtans)
La Région boréale de l'Ouest s'étend de la frontière Ontario-Manitoba vers l'ouest, passant au nord des Prairies, et comprend la majorité des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon (à l'exclusion des parties septentrionales). La région boréale de l’Ouest constitue un écosystème vaste et diversifié, des forêts ouvertes et clairsemées le long de la limite septentrionale des arbres jusqu’aux peuplements denses et de grande taille d’épinettes, de bouleaux et de peupliers dans le Sud. Les pressions inhérentes au développement varient énormément dans cette immense région. Plusieurs milliards d’oiseaux de plus de 200 espèces se reproduisent chaque année dans la forêt boréale de l’Ouest. Près de 30 % des oiseaux du Canada sont caractéristiques de cette région, en raison de sa diversité et de sa taille.

Survol

  • Pour la plupart des parties qui composent la région boréale de l’Ouest, il existe peu de données de surveillance sur les espèces autres que la sauvagine (dont les relevés s’effectuent principalement par voie aérienne); c’est seulement depuis 1990 que des relevés sont effectués dans suffisamment de secteurs pour permettre de calculer les tendances pour la plupart des groupes.
  • Dans la partie de la région boréale de l’Ouest où sont effectués des relevés, la population de tous les oiseaux combinés n’a que peu changé au cours des vingt dernières années, mais de nombreuses espèces ont connu de fortes augmentations ou de fortes diminutions.
  • La région boréale de l’Ouest joue un rôle critique puisqu’elle abrite les populations continentales d’un grand nombre d’oiseaux chanteurs, d’oiseaux aquatiques et de sauvagine. Pendant les années de sécheresse, de nombreux canards qui se reproduisent habituellement dans la région des Prairies se déplacent vers la région boréale de l’Ouest.
  • La perte irréversible de forêts attribuable au développement, incluant l’agriculture et l’extraction d’énergie, est le problème le plus préoccupant en ce qui a trait à la conservation dans cet écosystème. Les activités industrielles les plus intenses se situent à la limite méridionale de la région, empiétant directement sur les habitats où la densité et la diversité des oiseaux sont les plus élevées.

Tendances

Photo d'un Tétras du Canada
Les Tétras du Canada résident toute l’année
dans les forêts boréales du Canada, se
retrouvant principalement dans les forêts
d’épinettes, de pins en régénération et
d’autres conifères. On connaît mal l’état
de la population, car il est difficile
d’en effectuer le relevé.(photo: May Haga)
Dans tous les grands groupes d’oiseaux, de nombreuses espèces individuelles affichent une évolution dramatique de leur population, fortement à la hausse ou fortement à la baisse, mais dans l’ensemble le nombre d’espèces en croissance et en décroissance est relativement égal, d’où un indicateur généralement stable depuis 1990.
Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population de différentes guildes d'oiseaux dans la région boréale de l'Ouest depuis 1970 ou 1990, Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque guilde
Indicateurs de la situation moyenne des populations des espèces caractéristiques (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

Photo d'un Petit Fuligule sur l'eau
Les populations de Petits Fuligules dans la
région boréale de l’Ouest ont fléchi de plus
de 50% au cours des trois dernières décennies,
alors que d’autres espèces comme la Sarcelle
d’hiver ont vu leur nombre doubler. La
transformation des réseaux alimentaires
aquatiques attribuable aux changements
climatiques pourrait favoriser les espèces
généralistes, comme les sarcelles, au détriment
des canards plongeurs plus spécialisés, tels
que les fuligules.(photo: Nick Saunders)
La forêt boréale de l’Ouest abrite de 12 à 14 millions de canards en période de nidification chaque été. Lorsque la sécheresse affecte la région des fondrières des Prairies, davantage de canards s’envolent vers le nord et nichent dans les vastes milieux humides de la région boréale de l’Ouest. Pendant ces années de sécheresse, les milieux humides de la région agissent comme un « filet de sécurité » qui gardent les populations des Prairies en santé et sont aussi vitales pour maintenir des niveaux de prise durable pour les chasseurs.

Menaces

Photo d'un mâle chanteur de Paruline à gorge noire
Les Parulines à gorge noire étant dépendantes
des parcelles de forêts matures, leur population
pourrait décliner en raison de la diminution de
forêts matures dans le paysage découlant des
pratiques forestières.(photo: Alan MacKeigan)
Les forêts méridionales dans cette région comprennent certains des paysages les plus fortement modifiés en Amérique du Nord. Des forêts sont perdues au profit de l’agriculture, de l’expansion urbaine, de l’exploitation forestière, de l’extraction de la tourbe et de la production gazière et pétrolière. Ces pertes sont en grande partie irréversibles et, bien que la planification de l’aménagement des territoires représente une partie de la solution, des mesures de restauration seraient nécessaires pour compenser ces pertes d’habitat.

Les forêts anciennes abritent des communautés aviaires diversifiées. Les pratiques forestières changent les structures d’âge de la forêt, et plusieurs espèces pourraient voir leur nombre décliner au cours des cinquante prochaines années au rythme de la diminution des zones de forêts anciennes.

Photo de deux Mouettes de Bonaparte
Environ 80% de la population mondiale de la
Mouette de Bonaparte niche dans la région boréale
de l’Ouest, et sa population est tributaire de la
santé des milieux humides. (photo: Canards
Illimités Canada)
Les changements de niveau ou de débit des eaux associés à la production d’hydroélectricité ont une incidence sur les zones cruciales pour l’alimentation et la nidification de la sauvagine et d’autres espèces, notamment le bassin des rivières de la Paix et Athabasca, qui constitue l’un des plus grands bassins d’eau douce du monde et une zone de milieux humides importante à l’échelle planétaire.

L’évolution du climat dans le Nord se traduit déjà par des modifications dans les forêts, telles que la propagation du dendoctrone du pin et des régimes de feux de plus en plus sévères, et il faut s’attendre à d’autres changements.

Solutions

Photo d'un mâle chanteur de Paruline rayée
Chez les parulines, les Parulines rayées suivent
l’un des plus longs itinéraires de migration,
reliant les forêts de la région boréale de l’Ouest
aux forêts de l’est de l’Amérique du Sud. Leur
conservation dépend du maintient d’habitats en
santé aux deux extrémités de leur voie de migration.
(photo: Charles M. Francis)
L’aménagement, la conservation et la protection doivent se retrouver en équilibre pour assurer la santé des populations d’oiseaux dans la partie occidentale de la forêt boréale. Afin d’empêcher une transformation complète des écosystèmes régionaux (p. ex. la conversion à l’agriculture de la forêt boréale mixte du Sud), il est nécessaire que tous les intervenants participent à l’élaboration de plans d’aménagement qui prévoient le maintien des habitats essentiels que représentent les forêts anciennes et certains autres éléments importants pour les oiseaux.

La gestion du niveau des eaux des grands réseaux hydrographiques pour les projets hydroélectriques doit se faire dans le respect de la santé écologique et du fonctionnement des habitats essentiels pour la sauvagine tels que le bassin des rivières de la Paix et Athabasca.

Photo de trois hommes examinant ensemble une carte
Les valeurs sociétales doivent être intégrées
dans les plans d’aménagement pour que
l’utilisation de la ressource soit en équilibre
avec le développement. (photo:Kevin Kardynal)
On accorde de plus en plus d’importance à la protection de la nature, mais le progrès a été plus lent dans certaines juridictions. Des objectifs louables qui visent la protection de 50% de la forêt boréale en Ontario et au Québec constituent d’excellents exemples pour la région boréale de l’Ouest.
Carte illustrant l'augmentation de la couverture du Relevé des oiseaux nicheurs dans la région boréale de l'Ouest depuis 1990

Le Relevé des oiseaux nicheurs (BBS), principal relevé pour la plupart des espèces d’oiseaux autres que la sauvagine, n’a qu’une couverture limitée dans la région. Dans les années 1970, les parcours du BBS n’étaient effectués que dans la zone de transition entre la forêt boréale et les prairies. Depuis les années 1990, la couverture s’est quelque peu accrue, mais il subsiste encore des brèches importantes. C’est ainsi que de larges portions de certaines populations ou aires de répartition ne font l’objet d’aucun relevé, et qu’il faut donc interpréter les indicateurs relatifs à de nombreuses espèces avec une grande prudence. En revanche, la sauvagine est bien surveillée au moyen de relevés aériens depuis 1955.