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Région boréale de l'Est

La forêt boréale (photo: Max Finkelstein)
La Région boréale de l'Est s'étend de l'est de la frontière Manitoba-Ontario, à travers le centre de l'Ontario et du Québec, jusqu'à Terre-Neuve et Labrador. La vaste région boréale de l’Est abrite des millions d’oiseaux dans cette mosaïque de tourbières, de forêts d’épinettes et d’innombrables lacs, rivières et ruisseaux. L’empreinte humaine laissée par les activités industrielles telles que l’exploitation forestière, l’exploitation minière et le tourisme se limite encore largement au sud du territoire, mais certaines zones nordiques ont été inondées par les immenses réservoirs nécessaires à la production d’hydroélectricité, et on commence à faire des plans d’aménagement pour de nombreux secteurs du nord de l’Ontario, du Québec et du Labrador.

Survol

  • La région boréale de l’Est constitue une vaste étendue de milieux humides et d’habitats forestiers relativement en santé pour les oiseaux qui y nichent, mais nous en savons peu sur la situation de ces oiseaux, car les activités de surveillance se limitent presque entièrement à la partie méridionale de la région.
  • Dans la zone surveillée, les espèces caractéristiques ont légèrement décliné dans l’ensemble, les oiseaux qui se tiennent dans les arbustes et à la lisière des forêts ayant connu le déclin le plus marqué, les oiseaux forestiers montrant peu de changement et la sauvagine et les autres oiseaux aquatiques affichant de légères diminutions.
  • Les perturbations naturelles (comme les feux, les castors ou les épidémies d’insectes) façonnent la forêt boréale depuis des millénaires. Les activités industrielles à grande échelle, comme l’exploitation forestière et l’exploitation minière de même que les changements climatiques, modifient les modèles de perturbations naturelles, et pourraient vraisemblablement avoir une incidence sur les communautés aviaires. À titre d’exemple, les mesures de contrôle des épidémies de tordeuses des bourgeons de l’épinette ont des conséquences négatives sur les parulines qui se nourrissent de ces chenilles.

Tendances

La vaste étendue et le relatif isolement de la région boréale de l’Est rendent la surveillance difficile. Les données de tendances pour la plupart des espèces, autres que la sauvagine qui est surveillée par voie aérienne, proviennent uniquement des secteurs plus accessibles du sud de la région.

Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population de différentes guildes d'oiseaux dans la région boréale de l'Est depuis 1970, Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque guilde
Indicateurs de la situation moyenne des populations des espèces caractéristiques (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

Globalement, les espèces caractéristiques de la région boréale de l’Est ont diminué de 12%. Ce sont les oiseaux qui se tiennent dans les arbustes et à la lisière des forêts qui ont connu les baisses les plus importantes; au cours des quarante dernières années, toutes les espèces sauf une ont connu un déclin. Toutes les espèces de ce groupe sont migratrices, et les menaces à leur habitat d’hivernage pourraient êre importantes.

Photo d'un hélicoptère en vol au dessus d'un marais en milieu boréal
Les hélicoptères et les avions constituent le
et les autres oiseaux aquatiques dans de
nombreuses parties de la région boréale.
(photo: Christine Lepage)
En moyenne, les oiseaux aquatiques et la sauvagine ont connu une légère diminution par rapport à 1970. Certaines espèces ont affiché des hausses substantielles de plus de 100% (Harle couronné, Grue du Canada et Bernache du Canada), alors que d’autres ont fortement décliné, telles que le Butor d’Amérique et le Garrot à œil d’or.

Près de la moitié des espèces caractéristiques de la région boréale de l’Est sont des oiseaux forestiers. Dans l’ensemble, peu de changements ont été observés du côté des espèces forestières. Cependant, certaines espèces résidentes ont fortement augmenté, comme le Grand Corbeau, le Grand Pic et la Sitelle à poitrine rousse, alors que de nombreux migrateurs ont diminué, comme la Paruline à poitrine baie, la Paruline rayée et la Paruline du Canada.

Menaces

Photo d'une Mésange à tête brune
La Mésange à tête brune réside toute l’année
dans les forêts denses d’épinettes et de sapins
de la région boréale. (photo: Nick Saunders)
Les menaces les plus sérieuses pour les oiseaux boréaux proviennent des effets cumulatifs de la dégradation des habitats provoquée par le développement industriel — l’énergie, la foresterie et les mines — et l’infrastructure connexe (routes, pistes d’atterrissage et corridors de transport d’électricité). Le développement s’étend vers le nord à des régions naguère inaccessibles et pourrait avoir des répercussions sur la qualité et la superficie des habitats disponibles pour les oiseaux.

Au plan international, la perte d’habitats arbustifs et forestiers dans les Caraïbes et en Amérique centrale et Amérique du Sud menace davantage les espèces migratrices qui se reproduisent dans la région boréale de l’Est. Les forêts dans ces territoires d’hivernage sont défrichées pour faire place à l’agriculture et à l’exploitation forestière en vue de soutenir la croissance démographique et l’augmentation à l’échelle internationale de la demande pour les produits générés par ces activités. Les habitats de mangrove —importants pour les espèces qui se tiennent dans les arbustes et à la lisière des forêts — sont perdues au profit de l’aménagement des côtes pour le tourisme balnéaire et l’aquaculture de la crevette.

Photo d'une Paruline à couronne rousse sur un feuille de palmier
La Paruline tigrée se reproduit dans la forêt
boréale et hiverne à Cuba et dans les autres
îles des Caraïbes. À l’instar de nombreux autres
oiseaux chanteurs boréaux, sa population est
tributaire de la conservation d’habitats
adéquats dans les aires d’hivernage tropicales.
(photo: Laura Gooch)
Les changements climatiques représentent un problème émergent susceptible d’entraîner des effets importants sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes. Les oiseaux migrateurs sont vulnérables aux événements influencés par le climat, tels que la fréquence et l’intensité accrue des feux et des inondations pendant la saison de reproduction et les tempêtes pendant la migration.

Solutions

Une gestion forestière qui imite le schéma et les calendriers de perturbations naturelles mène à un mélange de types d’habitats et une distribution d’âge des peuplements, qui assure la bonne santé des populations aviaires, qui, à son tour, aident à contrôler les insectes nuisibles.

Photo d'un mâle de Paruline bleue au nid avec des jeunes
La forêt boréale constitue une vaste pouponnière
pour des millions de parulines, notamment la
Paruline bleue, qui migrent vers l’Amérique centrale
et l’Amérique du Sud en traversant le sud du
Canada et les États-Unis.(photo:George Peck)
De récentes ententes historiques qui visent à protéger la moitié de la forêt boréale en Ontario et au Québec sont d’excellents exemples de la reconnaissance de l’importance de la forêt boréale au plan mondial et de la capacité de trouver un équilibre entre la conservation et la croissance économique. Cet équilibre repose sur une gestion et une planification globales et détaillées à mesure que le développement s’étend vers le nord.

La conservation des habitats d’origine qui restent dans les Caraïbes, en Amérique centrale et en Amérique du Sud comporte des avantages locaux sur le plan écologique, notamment de l’air pur et de l’eau pure, et aide à soutenir les industries durables comme l’écotourisme, tout en offrant un habitat d’hivernage aux oiseaux boréaux. Les plantations forestières et la caféiculture à l’ombre abritent de nombreuses espèces et devraient être encouragées.

Les effets des changements climatiques, tels que l’augmentation des feux et des inondations, seront difficiles à atténuer dans la forêt boréale. S’attaquer aux causes sous-jacentes des changements climatiques est essentiel pour la conservation à long terme.

Photo aérienne de Longridge Point, baie James
Longridge Point, James Bay (photo: Mark Peck)

Les côtes de la baie James et de la baie d’Hudson constituent une halte cruciale et un habitat de repos pour les espèces migratrices de sauvagine, d’autres oiseaux aquatiques et des oiseaux de rivage, y compris le Bécasseau à échasses.

Photo de deux Bécasseaux à échasses
Bécasseau à échasses (photo: May Haga)