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Grands Lacs Inférieurs et fleuve Saint-Laurent

Cardinal à poitrine rose (photo: May Haga)
La région des Grands Lacs Inférieurs et fleuve Saint-Laurent englobe les lacs Huron, Érié et Ontario et s'étend le long de la vallée du Saint-Laurent, comprenant les rives nord et sud du Fleuve St-Laurent jusqu'à l'embouchure du fleuve. Cette région est dominée par les paysages agricoles et urbains, où les pâturages et les champs fournissent un habitat pour les oiseaux de prairie. Sauf le long de la limite nordique de la région, le couvert forestier est fortement fragmenté par les terrains urbains et les terres agricoles; toutefois, la reforestation et la régénération des arbres sur les terres agricoles marginales favorisent l’accroissement du couvert forestier. La région comprend les seules parcelles de la forêt carolinienne au Canada qui abritent une communauté unique d’espèces animales et végétales.

Survol

  • Dans l’ensemble, les espèces caractéristiques de cette région fortement développée ont vu leur nombre augmenter, y compris les oiseaux forestiers, les oiseaux aquatiques et la sauvagine, preuve que les gens et les oiseaux peuvent coexister.
  • Des réductions substantielles de la pollution environnementale se reflètent par une augmentation des populations d’oiseaux aquatiques coloniaux et de nombreux rapaces.
  • Néanmoins, certaines espèces ont connu un déclin considérable, notamment les insectivores aériens et les oiseaux de prairie. Le recours à des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement pourrait maintenir la production agricole tout en aidant à conserver ou à restaurer les populations d’oiseaux de prairie.
  • Les zones urbaines continuent de s’étendre dans la région. Le développement doit être planifié avec soin afin de conserver les principaux habitats des oiseaux et de minimiser la perte d’habitats.

Tendances

Au cours des dernières décennies, la plupart des groupes d’oiseaux de la région des Grands Lacs inférieurs et du Saint-Laurent ont connu une hausse. En moyenne, toutes espèces confondues, les oiseaux ont connu une augmentation de 20%.
Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population de différentes guildes d'oiseaux dans la région Grands Lacs Inférieurs et fleuve Saint-Laurent depuis 1970, Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque guilde
Indicateurs de la situation moyenne des populations des espèces caractéristiques (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

La sauvagine a profité d’une nourriture abondante dans les zones agricoles utilisées pendant l’hiver et de meilleurs résultats de la nidification dans les zones urbaines. Les populations de Bernache du Canada ont explosé, et les populations de Canard colvert, de Harle couronné et de Canard branchu ont augmenté de plus de 50%. Des travaux de remise en état, de conservation et de restauration des milieux humides dans la région, en particulier le long de la voie maritime du Saint-Laurent, ont contribué à ralentir la perte d’habitats pour un grand nombre d’espèces de sauvagine et d’autres oiseaux aquatiques.

Photo d'un Grand Pic sur un tronc d'arbre
Les populations de Grands Pics ont augmenté
se sont répandues dans les nouvelles
zones de forêts matures. (photo: Alan Burger)
Les insectivores aériens, principalement les hirondelles, ont décliné ici et partout au pays. Les causes de ce déclin sont inconnues, mais on peut penser que des facteurs locaux, tels qu’une diminution des populations d’insectes ou la perte d’habitats de reproduction ou des facteurs en lien avec les zones d’hivernage, y sont pour quelque chose. Dans cette région, les populations de Martinet ramoneur, d’Hirondelle noire et d’Hirondelle de rivage ont toutes diminué d’environ 95% depuis 1970.

Les oiseaux de prairie ont régressé de 70%, certaines espèces étant même en voie de disparition (localement). L’adoption de nouvelles pratiques agricoles rendent les terres agricoles moins propices comme habitat, et les forêts ont repoussé sur des pâturages abandonnés. Cette zone, historiquement couverte en grande partie de forêts, est devenue au cours des siècles un refuge important pour les oiseaux de prairie au Canada.

Le littoral et les îles des Grands Lacs canadiens abritent huit espèces caractéristiques de goélands, de sternes, de hérons, de cormorans et de pélicans — des oiseaux aquatiques qui se reproduisent en colonies. La plupart des oiseaux aquatiques coloniaux ont connu une croissance substantielle, notamment en raison de la réduction des concentrations de DDT, de BPC et d’autres polluants, bien que de nouveaux contaminants, des changements dans les populations de poissons, et les maladies demeurent des facteurs préoccupants.

De nombreux oiseaux forestiers, tels que la Paruline des pins, la Mésange à tête noire et les pics, ont vu leur nombre augmenter à mesure que les forêts s’étendaient et arrivaient à maturité. Cependant, certaines espèces continuent de décroître.

Menaces

Les pratiques agricoles intensives — drainage des milieux humides, utilisation accrue des insecticides et des herbicides, retrait des haies et des bandes non cultivées entre les champs et le fauchage durant la nidification — ont des effets néfastes pour les oiseaux de prairie tels que le Goglu des prés en réduisant l’habitat et la nourriture, voire en tuant carrément des oiseaux.

L’expansion urbaine — en particulier le long du littoral, à l’intérieur ou aux alentours des forêts et les milieux humides, et sur les terres agricoles — est en train de réduire, de fragmenter et de dégrader les habitats des oiseaux. De plus, cette expansion entraîne dans son sillage des chats qui se promènent en liberté et qui tuent des millions d’oiseaux chaque année.

Photo d'un Petit Blongios en équilibre sur des roseaux
Le Petit Blongios et d’autres oiseaux
aquatiques dépendent de la qualité des
milieux humides, qui sont menacées par des
espèces invasives,des contaminants,
l’aménagement des rives et le drainage.
(Photo: Gord Belyea)
Les espèces invasives comme la salicaire pourpre, le phragmite, les moules zébrées, les gobies arrondis et les carpes communes continuent d’altérer les habitats aquatiques et les réseaux alimentaires associés, produisant des effets en cascade sur les sources d’alimentation pour les oiseaux aquatiques coloniaux, la sauvagine et les autres oiseaux aquatiques.

Cette région d’une grande importance sur le plan économique contient de nombreuses sources de rejets chimiques industrielles.

Solutions

Photo d'un Goglu des prés sur un fil barbelé
Les populations de Goglus des prés, qui ont
diminué de 80%, peuvent croître dans les zones
agricoles, dans la mesure où des pratiques
favorables aux oiseaux sont adoptées.
(Photo: May Haga)
Certaines des pratiques adoptées pour la production du foin et des cultures fourragères peuvent être bénéfiques pour les oiseaux de prairie. La récolte du foin une fois que les oisillons ont quitté le nid, des pâturages bien gérés, l’entretien des haies et d’autres pratiques favorables aux oiseaux devraient être encouragées.

L’expansion urbaine, le développement résidentiel et industrielle et l’aménagement de nouvelles emprises linéaires devraient respecter les frontières actuelles du développement et être planifiés de façon à préserver le plus possible le paysage naturel et éviter les zones clés pour les oiseaux, en particulier le long des rives et des milieux humides.

Photo d'un Engoulevent d'Amérique en vol
L’Engoulevent d’Amérique a connu une
baisse dramatique, tout comme la plupart
des autres insectivores aériens, mais les
les causes de ce déclin ne sont pas bien
comprises. (Photo:Nick Saunders)
Accroître le couvert forestier existant, étendre les grandes parcelles de forêt et les relier entre elles et recourir à des pratiques rigoureuses en matière de gestion forestière sont des façons d’aider les oiseaux forestiers les plus sensibles au développement environnant.

Les Canadiens peuvent contribuer à réduire la propagation des espèces invasives en nettoyant à fond les moteurs et les embarcations, en ne déplaçant pas de poissons vivants d’un cours d’eau à un autre et en ne transportant pas de bois de chauffage d’une région à une autre.

Photo d'un biologiste circulant dans une colonie de Goélands à bec cerclés, avec la ville de Toronto en arrière plan
Le Goéland à bec cerclé peut se développer à proximité
des humains, mais il est sensible à la pollution. Des
analyses sont effectuées régulièrement pour détecter
les contaminants chez les goélands à titre d’indicateur
de la qualité de l’environnement. (photo: Ian Parsons)

La réglementation a permis de réduire les concentrations de produits chimiques toxiques comme le DDT et le BPC dans les œufs des oiseaux des Grands Lacs, mais de nouvelles mesures de contrôle sont nécessaires pour les nouveaux produits chimiques, notamment ceux qui sont utilisés pour retarder les flammes.