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Sud du Bouclier et Maritimes

Paruline noir et blanc (Photo:Charles M. Francis)
La région du Sud du Bouclier et Maritimes comprend le sud de l'Ontario, passant au nord du lac Supérieur, aussi bien que le sud du Québec (excepté les rives du Fleuve St-Laurent) jusqu'à la Gaspésie, et le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard en entier. La région du sud du Bouclier et des Maritimes est une mosaïque de peuplements forestiers, de milieux humides, de prés marécageux, de surfaces rocheuses dénudées, de lacs et de ruisseaux, où s’insèrent les centres agricoles et urbains des Maritimes, du Québec et de l’Ontario. La majorité des espèces caractéristiques de cette région sont associées aux forêts et aux milieux humides; les autres, y compris quelques insectivores aériens et les espèces des milieux arbustifs et des lisières de forêt, sont étroitement associés aux aires ouvertes résultant d’activités comme l’agriculture et la foresterie.

Survol

  • Les populations des oiseaux caractéristiques de la région du sud du Bouclier et des Maritimes ont connu un déclin depuis 1970 attribuable à une combinaison de facteurs agissant tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de cette région. Les changements dans l’âge et la composition en essences des forêts; la perte et la dégradation de parcelles d’habitat dans les milieux humides, les prairies et les milieux arbustifs; les précipitations acides provenant de diverses régions; et la perte d’habitat dans les aires d’hivernage du sud ont tous des incidences sur les oiseaux dans cette région vaste et diversifiée.
  • Les insectivores aériens ont connu un déclin de 70 % dans cette région. Les causes en sont incertaines, mais peuvent inclure les menaces pesant sur leurs aires de nidification ou leurs aires d’hivernage, ou les menaces auxquelles ils font face durant leur migration.
  • Les vieilles pratiques forestières ont réduit la superficie des forêts anciennes dans le paysage, ce qui a entraîné des déclins chez certaines espèces. La gestion qui se fonde plus étroitement sur des schémas et des calendriers de perturbations naturelles, comme les feux, et qui permettrait des éruptions périodiques dans les populations d’insectes, bénéficierait à de nombreuses espèces d’oiseaux forestiers.
  • Les populations de sauvagine ont connu une augmentation, attribuable en partie aux changements dans leur habitat d’hivernage et à la gestion prudente de l’habitat et la chasse au Canada et aux États-Unis.

Tendances

Les populations d’oiseaux dans le sud du Bouclier et aux Maritimes ont connu une diminution de 13% en moyenne, tous groupes d’espèces confondus. Un tiers des espèces caractéristiques de cette région connaissent un déclin rapide.

Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des population de différentes guildes d'oiseaux dans la région Sud du Bouclier et Maritimes depuis 1970, Graphique à barres illustrant le nombre d'espèces en augmentation ou en déclin dans chaque guilde
Indicateurs de la situation moyenne des populations des espèces caractéristiques (cliquez sur le graphique pour une version aggrandie et des tableaux contenant les données associées)

Presque 60% des oiseaux autrefois communs qui ont besoin de parcelles d’habitat constituées d’arbustes et de lisières de forêt ont connu un déclin. Les causes de ce déclin peuvent avoir trait à la perte d’habitat résultant de l’expansion urbaine et l’afforestation de l’habitat arbustif sur les terres agricoles abandonnées. Dans quelques régions, le broutage intense des chevreuils surabondant réduit la strate arbustive dans les forêts et aux alentours.

Photo d'une Paruline à poitrine baie
Les populations de la Paruline à poitrine
baie fluctuent énormément avec l’abondance
de la tordeuse des bourgeons de l’épinette–
une source alimentaire clé. (photo: Alan
MacKeigan)
Dans l’ensemble, les oiseaux forestiers ont connu un déclin de 10%. Les pratiques forestières qui suppriment les infestations d’insectes nuisent aux oiseaux forestiers qui en dépendent pour se nourrir. De nombreuses espèces d’oiseaux forestiers en déclin, ainsi que les oiseaux qui fréquentent les milieux arbustifs et les lisières de forêt, migrent sur de longues distances, et la perte d’habitat d’hivernage en forêt, en arbustaie et dans les mangroves peut aussi leur nuire.

La sauvagine a connu une augmentation liée à la disponibilité de restes de grains abondants dans les zones agricoles qu’elle fréquente au cours de l’hiver et de sa migration, de la gestion prudente de la chasse au Canada et aux États-Unis, et de la protection et de la restauration de milieux humides afin de ralentir la perte de ces milieux.

Photo d'un Canard noir battant des ailes
La meilleure surveillance des populations du
Canard noir et la gestion de la chasse à ce
canard ont permis d’approfondir les
connaissances sur d’autres espèces de
sauvagine et d’améliorer leur gestion.
(photo: Mark Peck)
Malgré les quelques améliorations réalisées au titre de la conservation et de la restauration de milieux humides, la perte et la dégradation de milieux humides continuent dans de nombreuses parties de la région, en particulier près des centres urbains et des centres agricoles. À l’opposé de la sauvagine, d’autres oiseaux aquatiques ont connu un déclin global d’environ 25%—les populations du Bihoreau gris, de la Bécassine de Wilson et du Butor d’Amérique ont toutes chuté de plus de 50%.

Les insectivores aériens, y compris l’Hirondelle bicolore, le Moucherolle à côtés olive et le Pioui de l’Est, sont en déclin à l’échelle de l’Amérique du Nord. Ce déclin est le plus marqué dans cette région—où il se chiffre à presque 70 % dans l’ensemble. Les causes du déclin sont encore en voie d’être étudiées, mais elles peuvent être liées à des changements locaux dans l’habitat, comme la repousse de forêts sur les terres agricoles abandonnées où de nombreuses espèces se nourrissent, la perte d’habitat dans leurs aires d’hivernage ou les déclins dans les populations d’insectes résultant de l’épandage de pesticides ou de la pollution.


Menaces

Photo d'une Chouette rayée
La Chouette rayée bénéficie des pratiques
forestières qui maintiennent les forêts
anciennes. (photo: Alan MacKeigan)
Certaines pratiques forestières modifient la composition en essences et la structure d’âge des forêts, ce qui mène à des changements dans l’habitat de nombreuses espèces d’oiseaux qui dépendent de parcelles d’habitat de forêt, de lisière de forêt et d’arbustaie. Les vieilles pratiques forestières ont grandement réduit la superficie des forêts anciennes.

La perte et la dégradation de milieux humides continuent de menacer les espèces qui dépendent de cet habitat. Dans de nombreuses régions urbaines et agricoles, la superficie des milieux humides n’est plus qu’une petite fraction de ce qu’elle était autrefois.

Photo d'un Plongeon huard sur l'eau
Le Plongeon huard a moins de succès à se
reproduire dans les lacs très acides, peut-
être à cause de la quantité réduite de nourriture
pour ses oisillons. (photo: Charles M. Francis)
Les précipitations acides continuent à être problématiques malgré les améliorations apportées au traitement des émissions depuis les années 1980. L’acidité élevée nuit aux oiseaux en réduisant leur approvisionnement en nourriture—de nombreux insectes ne peuvent pas survivre dans des eaux acides—et la disponibilité du calcium nécessaire pour la formation de la coquille de leurs oeufs.

De nombreux oiseaux forestiers de cette région hivernent en Amérique centrale, au Mexique et dans les Caraïbes, où les forêts sont en voie d’être converties en terres agricoles à un rythme alarmant. La disponibilité réduite de parcelles d’habitat d’hivernage peut être une cause importante du déclin des populations de certaines espèces d’oiseaux forestiers et d’oiseaux de lisière de forêt.

Solutions

Photo d'un Engoulevent bois-pourri
Le chant distinctif de l'Engoulevent bois-pourri,
un oiseau bien camouflé, était une fois plutôt
commun pendant les soirées d’été, mais sa
population a fortement diminué pour des raisons
inconnues. (photo: George Peck)

Appuyer des lignes directrices pour la gestion et la protection des forêts qui visent à recréer la structure d’âge naturelle des forêts et à améliorer la qualité de l’habitat pour de nombreuses espèces d’oiseaux caractéristiques de ce milieu.

Collaborer étroitement avec des pays de l’Amérique centrale, de l’Amérique du Sud et de la région des Caraïbes dans le but d’appuyer la conservation des forêts et de ralentir la conversion de l’habitat forestier naturel à des fins agricoles.

Encourager des réductions additionnelles des émissions acidifiantes et d’autres contaminants provenant d’activités industrielles et des véhicules afin de réduire les effets de la pollution sur les écosystèmes.

Photo d'une Grive de Bicknell
La Grive de Bicknell (photo: Dan Busby)

La Grive de Bicknell connaît un déclin spectaculaire. Plus de 90 % de la population hiverne dans la République dominicaine et en Haïti, où la perte d’habitat soulève de fortes préoccupations et où les ressources financières pour la conservation sont limitées. Un fonds a été créé dans le but d’encourager les promoteurs immobiliers dans le nord-est des États-Unis et au Canada de compenser les effets du développement sur les aires de nidification de l’espèce en les aidant à protéger ou à restaurer des aires d’hivernage.