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Surveiller les populations d'oiseaux du Canada

Les renseignements recueillis de la surveillance des populations d’oiseaux sont essentiels pour suivre l’état des populations d’oiseaux — déterminer les espèces qui se portent bien et celles qui pourraient avoir besoin de mesures de conservation — et ils fournissent le fondement du présent rapport sur la situation des oiseaux au Canada. Les données issues de la surveillance servent également à établir les priorités, à évaluer les mesures de gestion et à faire le suivi du rétablissement d’espèces en péril. Ils fournissent des renseignements sur les changements dans la répartition et l’abondance causés par les changements climatiques, les maladies, les espèces envahissantes ou d’autres facteurs, et ils peuvent aider à déterminer les causes potentielles de changement dans les populations et les mesures de conservation appropriées à prendre.

Graphique à barres illustrant le pourcentage d'espèces dans 4 guildes pour lesquelles la qualité du suivi des populations est forte, moyenne, faible ou absente
La qualité des données de surveillance pour les oiseaux au Canada
Les données de surveillance pour la plupart des espèces de sauvagine sont de qualité moyenne à élevée, à l’exception de certains canards de mer, mais de nombreux oiseaux de rivage, les oiseaux aquatiques (y compris les oiseaux de marais, les oiseaux aquatiques de l’intérieur et les oiseaux de mer coloniaux) et les oiseaux terrestres nichant dans les zones boréales continuent d’être peu suivis. Bon nombre de lacunes concernent des espèces qui nichent en régions éloignées et des espèces discrètes qui sont difficiles à surveiller.

État actuel de la surveillance des oiseaux

Photo d'un Labbe à longue queue en vol
Les Labbes à longue queue, comme de nombreux
autres oiseaux nicheurs arctiques, ne sont pas bien
suivis par les programmes de surveillance actuels
et on sait peu de choses sur les tendances de leurs
populations. (Photo: Charles M. Francis)
À l’heure actuelle, il y a environ 70 % des 451 espèces répertoriées au Canada, comprenant les espèces nicheuses et non nicheuses, pour lesquelles il existe des données de surveillance de qualité moyenne ou élevée. Les 30 % d’espèces restantes ne font pas encore l’objet d’une surveillance suffisante pour déterminer avec fiabilité si leurs populations ont augmenté, diminué ou sont restées stables. La gestion des espèces peu surveillées est difficile étant donné que nous ne savons pas si elles justifient des préoccupations de conservation et, si c’est le cas, ce qu’il faut faire à leur sujet.

Amélioration des programmes de surveillance au fil du temps

Malgré les lacunes, les connaissances relatives à la situation des oiseaux au Canada ont augmenté graduellement. De nouveaux programmes ont été élaborés et la couverture géographique de nombreux programmes actuels s’est étendue de façon à combler les écarts à mesure qu’ils sont reconnus. Une grande part de l’amélioration de la couverture de la surveillance est le résultat d’une participation accrue de bénévoles, tant au sein de programmes officiels comme le Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord et de programmes moins officiels comme les feuillets d’observation d’oiseaux. Une amélioration des modèles et des efforts plus intenses sur les relevés professionnels ont aussi contribué aux améliorations. Néanmoins, de nombreuses régions restent difficiles à couvrir, et de nouveaux efforts et des ressources importantes seront nécessaires pour combler les lacunes concernant toutes les espèces.

Carte illustrant la couverture géographique à long-terme du Relevé des oiseaux nicheurs, et la couverture ajoutée depuis 1990. La couverture géographique à long-terme est concentrée dans une bande qui s'étend à travers le tiers sud du Canada. La couverture ajoutée depuis 1990 fournit une couverture supplémentaire importante à travers la forêt boréale de l'ouest et le reste de Canada, à Terre-Neuve, aux Territoires du Nord-Ouest et au Yukon en particulier.
Le Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord, un relevé axé sur le bénévolat qui fournit la plupart des données fiables sur les tendances concernant la plupart des oiseaux terrestres au Canada, a débuté en 1966. La couverture géographique s’est améliorée au fil du temps, mais la couverture dans la zone boréale et l’Arctique demeure incomplète en raison de l’accès routier limité et du petit nombre de personnes vivant dans ces régions.

Carte présentant l'étendue des Relevés aériens annuels de sauvagine depuis les années 1950, les années 1990 et 2005. Les premiers relevés ont compris le centre et l'ouest du Canada, partant du nord des Territoires du Nord-Ouest, à travers l'Alberta, la majorité de la Saskatchewan et le Manitoba, jusqu'à l'ouest de l'Ontario. Les relevés ajoutés dans les années 1990 ont compris l'est de l'Ontario, les deux-tiers du Québec, les provinces Maritimes et Terre-Neuve et Labrador. Les relevés de 2005 ont ajouté une petite région au centre de la Colombie-Britannique.
Les relevés aériens annuels de sauvagine couvrent maintenant la majeure partie du Canada. Ils ont commencé dans le centre et dans l’Ouest du Canada, où se trouvent les plus fortes concentrations de canards nicheurs. Ils se sont étendus à l’Est du Canada en 1990 afin d’aider à gérer le Canard noir, et à la Colombie-Britannique en 2005. L’Arctique et le Nord du Québec sont également visés par les relevés, mais pas tous les ans.

Comment nous surveillons les oiseaux

Les données sur l’état des populations d’oiseaux du Canada viennent d’un grand nombre de programmes de surveillance, reflétant ainsi la diversité des habitats et des comportements des oiseaux.

Photo d'un Gros-bec errant à une mangeoire
Les changements dans le nombre de Gros-becs
errants sont surveillés principalement par des béné-
voles qui au dénombrement des oiseaux de Noël
et au projet FeederWatch. (Photo: Gord Belyea)
Beaucoup de programmes de surveillance misent sur la compétence et le dévouement de dizaines de milliers de bénévoles qui fournissent leur temps et leur savoir-faire. Les programmes sont conçus pour des bénévoles possédant divers niveaux d’aptitudes, autant des ornithologues spécialistes qui peuvent identifier chaque espèce d’oiseaux nicheurs vus ou entendus, que des débutants qui ne connaissent que les oiseaux communs de leur cour. Certains programmes se déroulent pendant la saison de reproduction, notamment le Relevé des oiseaux nicheurs de l’Amérique du Nord (BBS), les atlas des oiseaux nicheurs, les relevés des hiboux et les relevés de surveillance des marais. D’autres surveillent les oiseaux pendant la migration, notamment le Réseau canadien de surveillance des migrations et les relevés de migration des oiseaux de rivage, ou pendant l’hiver, comme le Recensement des oiseaux de Noël et le projet FeederWatch. Les programmes de feuillets d’observation d’oiseaux, comme eBird et Étude des populations d'oiseaux du Québec (ÉPOQ), sont des programmes moins formels qui se déroulent tout au long de l’année et qui encouragent les ornithologues amateurs à consigner toutes leurs observations chaque fois qu’ils vont observer les oiseaux. De nombreux programmes combinent la collecte de données avec l’éducation et les loisirs, créant ainsi un intérêt du public pour la conservation des oiseaux.

Photo de deux bénévoles effectuant un dénombrement d'oiseaux
Les bénévoles compétents qui participent aux
relevés pendant la saison de reproduction
peuvent identifier les oiseaux en les voyant
ou en entendant leurs chants. (Photo: Bird
Studies Canada)
D’autres programmes de surveillance misent sur les biologistes professionnels qui profitent d’une formation spécialisée et d’un soutien logistique. Les relevés de la sauvagine en nidification impliquent un dénombrement aérien des oiseaux à l’aide d’hélicoptères et d’aéronefs à voilure fixe, habituellement coordonné avec des équipes au sol pour estimer la proportion d’oiseaux détectés depuis les airs. Les relevés des oiseaux de mer coloniaux nécessitent souvent l’emploi d’embarcations ou d’avions pour atteindre les colonies, et les biologistes doivent composer avec de nombreux dangers, y compris les falaises et les ours polaires, tout en évitant de perturber les oiseaux.

Photo d'un hydravion à flotteurs volant au dessus d'un paysage de milieux humides
Le Service canadien de la faune collabore avec le
le United States Fish and Wildlife Service des
États-Unis pour faire le relevé de la sauvagine
à partir d’avions dans l’Arctique et de nombreuses
autres régions du Canada. (Photo: U.S. Fish and
Wildlife Service)
On examine de nouvelles technologies dans le but d’améliorer les programmes de surveillance. Les photographies numériques et les analyses automatisées par ordinateur peuvent servir à dénombrer les oiseaux de mer en nidification sur les falaises, ou les colonies d’Oies des neiges. Les enregistrements sonores peuvent aider à surveiller des oiseaux chanteurs pendant la saison de reproduction. On peut suivre les oiseaux migrateurs à l’aide d’un radar et des enregistrements de leurs cris d’appel nocturnes. Ces outils peuvent tous aider à améliorer la surveillance à l’avenir.

Graphique illustrant le nombre d'observations soumises par des bénévoles à divers programmes de suivi des populations d'oiseaux au Canada de 1970 à 2010
Depuis 1900, moment où une poignée d’ornithologues amateurs a commencé le recensement des oiseaux de Noël au Canada, le nombre d’observations fournies par les recenseurs d’oiseaux bénévoles aux programmes de surveillance des oiseaux du Canada a crû de façon exponentielle, menant de ce fait à une précision plus grande et une meilleure couverture géographique des programmes de surveillance des oiseaux au Canada.