English

 

Au-delà de nos frontières

Petite buse en migration(photo: David McCauley)
Carte des Amériques
Seulement 22% des espèces d’oiseaux du Canada sont résident à l’année. La plupart des autres espèces migrent à destination des États-Unis (33%), de l’Amérique centrale, du Mexique et des Caraïbes (23%) ou de l’Amérique du Sud (15%). Certaines se dirigent vers l’Europe ou l’Asie ou séjournent pendant de longues périodes en mer (7%).
Plus de 75 % des espèces d’oiseaux canadiennes passent au moins la moitié de l’année à l’extérieur du Canada. Lorsque l’abondance de nourriture et les chaudes températures de l’été canadien prennent fin, les oiseaux migrateurs quittent pour des climats plus chauds. Toutefois, la migration comporte des risques. Durant leurs voyages de centaines ou de milliers de kilomètres, les oiseaux doivent trouver de la nourriture, de l’abri et un parcours sécuritaire, tant en route qu’à destination. Ils dépendent d’une chaîne de haltes migratoires entre leurs habitats de reproduction et leurs habitats d’hivernage. Si l’habitat disparaît ou est endommagé à l’une de ces haltes dans leurs déplacements annuels, les conséquences peuvent être considérables.

Survol

  • Les espèces d’oiseaux qui migrent en Amérique du Sud ont diminué beaucoup plus que celles qui migrent sur des distances plus courtes.
  • À chaque étape de leur déplacements annuels, les espèces migratrices doivent trouver suffisamment d’habitat et de nourriture et éviter les nombreux dangers, tels que la pollution, les collisions avec les édifices et les tours, les tempêtes et la chasse non-contrôlée.
  • Les oiseaux migrateurs unissent le Canada à d’autres pays. Les efforts de conservation au Canada dans le cas des oiseaux migrateurs connaissent le plus de succès lorsqu’ils favorisent une coopération et une coordination à l’échelle internationale.

Tendances

Graphique illustrant le pourcentage d'espèces à risque au Canada, au États-Unis, au Mexique/Amérique centrale et en Amérique du Sud
Parmi les espèces qui hivernent principalement
dans chacune des quatre grandes régions, le
pourcentage évalué comme étant « en péril » par le
COSEPAC est le plus élevé pour les espèces migrant
de longues distances, soit en Amérique du Sud.
Cliquez sur le graphique pour un tableau des données.
Les espèces qui migrent le plus loin – entre le Canada et l’Amérique du Sud – enregistrent une diminution beaucoup plus marquée que celles qui hivernent plus près de leurs aires de reproduction canadiennes. De nombreuses espèces qui hivernent aux États-Unis, au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes enregistrent également une diminution marquée. Ce n’est que dans le cas des oiseaux qui hivernent au Canada qu’il y a plus d’espèces à la hausse qu’à la baisse.
Graphique illustrant le changement en pourcentage de la taille des populations d'oiseaux qui hivernent dans quatre régions (Canada, États-Unis, Mexique/Amérique centrale, Amérique du Sud) Graphique illustrant et le nombre d'espèces dans dans quatre régions d'hivernage (Canada, États-Unis, Mexique/Amérique centrale, Amérique du Sud) qui sont en augmentation ou en déclin
Indicateurs de la situation moyenne des populations d’espèces qui hivernent dans chacune des quatre grandes régions.

Menaces

  • La plus grande préoccupation pour de nombreuses espèces migratrices est la perte de l’habitat tant au Canada, et de plus en plus, qu’à l’extérieur du pays. En raison des pressions exercées par l’aménagement dans de nombreux pays des Caraïbes, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, et de la demande mondiale pour des produits provenant de ces pays, les habitats naturels sont rapidement transformés et consacrés à l’utilisation humaine. L’agriculture remplace tant les forêts naturelles que les prairies. L’exploitation forestière a réduit de façon importante les habitats forestiers des Caraïbes et d’Amérique centrale. Le tourisme balnéaire et l’aquaculture des crevettes remplacent les habitats côtiers, y compris les mangroves et les marais salés.
  • La pollution – déversements d’hydrocarbures, pesticides, produits chimiques industriels et métaux lourds – dégrade la qualité de l’eau et des habitats terrestres, et peut tuer les oiseaux ou les rendre malades. De nombreux pesticides toxiques désormais interdits au Canada et aux États-Unis continuent d’être utilisés de façon répandue ailleurs.
  • Les collisions avec les tours, fenêtres, véhicules et lignes de transport d’énergie tuent chaque année des millions d’oiseaux pendant leur migration entre les aires de reproduction et d’hivernage.
  • La chasse et le piégeage non contrôlés demeurent une préoccupation pour les oiseaux dans certains pays. De nombreux oiseaux de rivage sont chassés dans les Caraïbes tandis que les oiseaux chanteurs sont piégés pour les besoins du commerce des oiseaux de cage dans de nombreuses régions.
  • Les changements climatiques auront des répercussions particulièrement grandes sur les oiseaux qui migrent sur de grandes distances parce que les changements qui surviennent n’importe où le long de leurs voies de migration perturbent leur cycle de vie. Les décalages entre le moment de la migration et la disponibilité de nourriture peuvent atténuer le succès de la nidification. La hausse du niveau des océans inondera les habitats des haltes migratoires le long des côtes. Une augmentation du nombre et de la force des tempêtes peut entraîner une très forte mortalité pendant la migration.
Photo d'un mâle chanteur de Paruline du Canada Les populations de la Paruline du Canada ont enregistré un fort déclin au cours des 40 dernières années et l’espèce est maintenant désignée par le COSEPAC comme espèce menacée. Ces oiseaux sont confrontés à des menaces à toutes les étapes de leur cycle de vie, notamment les changements dans les forêts boréales du Canada, les risques de mortalité pendant la migration et la perte d’habitat dans leurs aires d’hivernage. Le rétablissement de leurs populations nécessitera des efforts concertés dans toute leur aire de répartition. (photo: Nick Saunders)

Solutions : la coopération internationale aide les oiseaux migrateurs

Une coopération internationale au niveau du continent et de l’hémisphère est nécessaire pour assurer que les besoins des oiseaux migrateurs sont pris en compte à toutes les étapes de leurs cycles de vie. Des traités internationaux, tels que la Convention concernant les oiseaux migrateurs entre le Canada et les États-Unis, et les facteurs environnementaux inclus dans les accords de libre-échange procurent une assise à des activités de conservation en coopération. Un partage des connaissances et un soutien financier sont nécessaires pour élaborer des programmes conjoints. BirdLife International réunit des organisations non gouvernementales d’un peu partout dans le monde pour élaborer des programmes de conservation coordonnés. De nombreux programmes de coopération couronnés de succès ont été élaborés, dont quelques-uns sont mis en évidence ici, mais de nombreux autres programmes semblables sont nécessaires pour faire en sorte que les oiseaux qui naissent au Canada puissent survivre à leur migration et revenir pour se reproduire.

Photo d'un groupe compact de Bécasseaux semipalmés en vol
Le Bécasseau semipalmé (photo: Mark Peck)

Réseau de réserves pour les oiseaux de rivage dans l'hémisphère occidental (RRORHO)

Pendant la migration, de nombreuses espèces d’oiseaux de rivage, notamment le Bécasseau semipalmé, se concentrent en grands nombres à des haltes migratoires essentielles, là où ils trouvent de la nourriture pour leur permettre de réaliser la prochaine étape de leur migration. La perte ou la dégradation de l’une de ces haltes peut entraîner des baisses marquées de leurs populations. Le Réseau de réserves pour les oiseaux de rivage de l’hémisphère occidental a, jusqu’à maintenant, recensé 80 haltes migratoires, aires de reproduction et aires d’hivernage essentielles qu’il a aidé à conserver dans tout l’hémisphère occidental.

Photo d'un observateur d'oiseaux en République dominicaine
Mirroiser en République dominicaine (photo: Grupo
Jaragua)

Régions rurales des Caraïbes : la gestion économique pour les oiseaux et les humains

Les îles de Cuba et d’Hispaniola dans les Caraïbes sont d’importantes haltes migratoires ou aires d’hivernage pour de nombreux oiseaux migrateurs qui se reproduisent au Canada. Nature Canada et ses partenaires régionaux en Haïti, en République dominicaine et à Cuba collaborent avec des collectivités rurales à l’élaboration d’activités économiques qui conservent l’habitat des oiseaux, notamment l’agroforesterie et l’écotourisme.

Photo d'une Buse de Swainson
La buse de Swainson (photo: May Haga)

Cône Sud de l’Amérique du Sud : alliance pour la protection des prairies

Les espèces de prairie, notamment la buse de Swainson, qui passent l’hiver nordique dans les pampas et le Cerrado du Cône sud de l’Amérique du Sud, sont confrontées à une perte continue de leur habitat, les prairies étant transformées pour l’agriculture, les plantations ou les établissements urbains. L’alliance pour les prairies est une collaboration dirigée par les partenaires de BirdLife International en Argentine, au Brésil, au Paraguay et en Uruguay. L’alliance est en train d’établir les priorités en matière de conservation à des fins de surveillance et de recherche et pour travailler avec les propriétaires privés afin d’appuyer une production favorable aux oiseaux à l’intérieur des cadres culturaux traditionnels et locaux.